Twilight Soul ; au crépuscule, parmi les sorcières et les citrouilles…

Bien le bonjour, chère communauté !

La rédaction de Dolls Review est heureuse de vous retrouver pour vous présenter une autre de nos talentueux.ses artistes français.es ; Twilight Soul ! Elle fait partie des passionnés depuis de nombreuses années, et certains d’entre vous ont pu voir naître ses sorcières, goules, fantômes, loups-garous et autres petites créatures de l’étrange dans son monde bien à elle ; pour celleux qui ne la connaissent pas encore, prenez donc un billet pour visiter son univers atypique !

 

Qu’est-ce qui t’a motivée à créer tes propres poupées, comment est né Twilight Soul ?

Bonjour, merci à Dolls Review pour cet interview et pour votre intérêt pour mes poupées ! J’ai eu la chance de grandir auprès d’une grand-mère qui était extraordinairement douée de ses mains et savait tout faire ! Elle m’a transmis cette fibre artistique et grâce à elle, j’ai toujours été créative et prompte à fabriquer une multitude de choses. À l’époque, je travaillais chez un marchand de journaux et j’adorais feuilleter les magazines de loisirs créatifs tels que Ours et Poupées, qui présentait des créations d’artistes. J’étais fascinée par leur talent. Et un jour, il y a eu un article sur un type de poupée venu d’Asie que je ne connaissais pas du tout : les Ball-Jointed Dolls. J’ai été très intriguée ; l’aspect entièrement customisable m’a tout de suite plu. L’article donnait l’adresse du plus grand forum francophone, Matériel Céleste ; Le 27 mai 2007, je m’y suis inscrite, et je n’imaginais pas à quel point ça allait changer ma vie…

Après mon inscription sur Matériel Céleste, au lieu de me lancer immédiatement dans la création comme je l’avais prévu, je me suis laissée emporter par le tourbillon de toutes ces belles poupées et je me suis mise à les collectionner compulsivement ; même si je me disais qu’il était dommage de ne pas me mettre à les créer au lieu de me contenter de les acheter. Mais à ce moment-là, j’étais fainéante et surtout effrayée de ne pas avoir la patience d’aller au bout du processus. Un projet qui s’étale sur plusieurs mois avant d’aboutir allait me demander un grand travail sur moi-même.

Et puis, une de mes amies, Eglantine (Mystic Dolls) qui brillait déjà dans la couture pour BJD, a décidé de se diversifier et a sauté le pas. Son premier modèle, Miss Mystic, a été un vrai succès. Et quelle ne fut pas mon émotion lorsqu’elle m’en a offert un exemplaire, ma précieuse Candy, qui reste une de mes favorites dans ma collection ! Ce cadeau extraordinaire a été un déclic et j’ai eu envie de lui offrir un petit bout de moi en retour, encouragée par mon mari alors sûr de mes capacités. C’était en 2013 ; Kira, mon tout premier modèle, a vu le jour quelques mois plus tard.

Qu’est-ce qui t’inspire au quotidien pour créer tes dolls ?

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été fascinée par le surnaturel, le fantastique, l’horrifique mais aussi le féérique. J’étais enfant unique, mais je ne m’ennuyais jamais ; je m’inventais des histoires incroyables peuplées de créatures fabuleuses. Mes camarades de classe lisaient le Journal de Mickey tandis que je dévorais les livres de Stephen King ! Je regardais des films d’horreur en cachette, et ma série de prédilection était Twilight Zone… Bien sûr, on  retrouve aussi dans mon travail l’influence de Tim Burton. De ce mélange naissent mes petites créatures du crépuscule, que j’aime à qualifier de « creepy-cute ».

Tu fais partie de nos artistes « traditionnels », qui sculptent chaque pièce à la main ; peux-tu nous en dire un peu plus à propos du processus de travail sur un prototype ?

L’étape de sculpture est ma préférée comme pour beaucoup d’entre nous, je pense. Partir d’une boule de pâte à modeler ou d’argile et voir naître une poupée sous ses doigts, c’est un processus magique. Il y a des étapes plus ou moins rébarbatives ; celle du surfaçage, par exemple, est vraiment inintéressante à mes yeux, bien qu’indispensable. Je n’aime pas trop non plus faire les moules en silicone, c’est pour ça que certains de mes prototypes attendent parfois des mois dans une boite ! Par contre, une fois que les moules sont confectionnés, j’adore faire les tirages en résine. Et enfin, les étapes de perçage puis de ponçage de la poupée sont longues et pénibles. Mais une fois que la poupée est là, montée et toute mignonne, on oublie les heures passées à respirer de la poussière.

Tu es très créative en plus des poupées ; yeux, accessoires faits main… Avec quels matériaux travailles-tu ?

Argile synthétique, super sculpey, fimo, résine polyuréthane, résine cristal et résine UV sont mes matériaux de base. Ensuite s’ajoutent les tissus, les rubans, les paillettes et tous les multiples autres accessoires qui permettent de décorer et de customiser.

J’aime apprendre et diversifier mes compétences. Du coup, je trouvais très intéressant de pouvoir produire de mes mains un fullset complet. Après m’être familiarisée avec la production des BJD (sculpture, moulage, coulage) j’ai eu envie de me lancer dans la confection d’yeux. Et j’adore ça ! Puis sont venues les wigs maison, (ça aussi, j’aime beaucoup en faire), ainsi que les accessoires (sceptres ornés, balais de sorcière, fioles, boules de cristal et toute une multitude d’autres accessoires faits main divers et variés). Je me suis également essayée à la réalisation de petites sandales, et je fais un peu de couture. Mais ce n’est pas mon domaine de prédilection, je préfère généralement déléguer cette partie à des gens plus doués ! Je suis cependant très heureuse de pouvoir  entièrement réaliser une poupée de A à Z.

Qu’est-ce qui est le plus important, selon toi, lors d’une collaboration avec d’autres artistes sur une poupée en fullset ?

Je suis dans le milieu de la BJD depuis de nombreuses années ; durant la décennie écoulée, j’ai eu la chance de rencontrer une multitude d’artistes avec chacun sa spécialité. La couture, le maquillage … La plupart sont même devenus des amis très chers. On finit par se connaitre mutuellement, par cerner les goûts de chacun et finalement par être sur la même longueur d’ondes en matière de customisation de poupées. Les collaborations avec ces artistes-là coulent de source. Et ce travail en commun, où chacun appose sa patte, est très enrichissant d’un point de vue artistique.

J’ai également confié des maquillages et des commissions couture à beaucoup d’artistes différents, que je ne connais pas personnellement mais dont j’admire le travail, afin de voir comment mes poupées pouvaient être interprétées et mises en valeur selon le style et la sensibilité de chacun. C’est passionnant de redécouvrir ses propres moules revisités d’un point de vue auquel nous n’aurions pas pensé nous-même. Cela ouvre de nouvelles perspectives, stimule l’imagination et ouvre la voie à toujours plus de nouvelles idées et de nouveaux projets.

Maintenant que le Ldoll n’existe plus, as-tu de nouveaux projets d’exposition et de salons ?

Oui, bien sûr ! Le Ldoll, à l’époque où il se tenait encore, n’était déjà pas le seul salon auquel j’étais fidèle. J’ai participé plusieurs fois au Dolls Rendez-vous in Paris, auquel je serai d’ailleurs le 5 décembre prochain, et je n’ai raté aucune édition de la Dolls Garden Party à Toulouse. Les Dolls du Lac est le prochain sur la liste des évènements auxquels j’espère être présente. Et il y en a bien d’autres !

Malheureusement, la pandémie nous a privés de beaucoup de ces manifestations durant ces deux dernières années, et cela a été un coup dur pour les artistes. Cependant, les festivals ont su s’adapter et nous avons ainsi pu voir émerger des salons virtuels en ligne, tels le Festiv’at Home. J’ai également eu l’opportunité de participer à deux collectifs ;  “We all are witches” et «Everyday is Halloween for us», qui regroupaient des artistes d’horizons différents sur un thème commun. J’étais la seule à proposer des poupées, les autres créateurs étant écrivains, dessinateurs, orfèvres… C’était extrêmement sympathique et très instructif de découvrir tous ces talents. Mais à mes yeux, rien de remplace le plaisir de la rencontre, afin de pouvoir échanger « pour de vrai ».

Quels conseils donnerais-tu à celleux qui veulent se lancer dans la création de leur propre bjd ?

Sincèrement, le grand secret réside dans la patience. Et ça, c’était bien le plus dur pour moi qui veux tout, tout de suite. Il faut se mettre en tête que ce projet de longue haleine va s’étaler sur des mois voire des années, et qu’il va falloir inlassablement recommencer, améliorer ses essais. Il y a également le coût du matériel, aussi basique soit-il (j’ai commencé avec pour tout outillage un cutter, quelques cure-dents et la perceuse de mon mari !) ; le silicone, la résine, la plastiline sont incontournables et représentent un investissement. C’est une grossière erreur d’imaginer que créer sa propre BJD sera plus économique que d’en acheter une d’artiste, ou même via une compagnie. Loin de là ! Alors, si l’on est prêt à aller au bout du projet, aussi long et chronophage soit-il, et qu’on a quelques sous à y consacrer, il faut se lancer !

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Merci beaucoup, Twilight Soul, de nous avoir permis de mieux vous connaître, toi et ton univers atypique. Nous espérons découvrir de prochaines merveilles au sortir de ton atelier, et te revoir bientôt durant les salons.

Retrouvez également Twilight Soul via Instagram, Facebook, FlickR, TikTok et Etsy.

Have fun,
Dolls Review

Galerie photos de Twilight Soul

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