Bonelace, un univers onirique et numérique.

 

Read
in english


Bonjour, chère communauté dollienne !

Aujourd’hui, la rédaction est heureuse de vous présenter un.e jeune artiste étrangèr.e, qui nous vient tout droit des USA : Bonelace. Après de nombreux essais partagés avec ses abonnés, Bonelace a récemment lancé son tout premier modèle BJD entièrement abouti, Miss Orc. La particularité de sa création ? Elle a entièrement été façonnée en 3D ! Si de nombreux artistes BJD sculptent à partir de matières premières et préfèrent cette méthode de travail traditionnel, d’autres se sont lancés dans la modélisation 3D pour donner vie à leurs idées. Le style de Bonelace étant très particulier et d’une esthétique marquante et originale, nous avons voulu vous faire découvrir ses réalisations.

BJD créée par Bonelace

Quelques mots sur toi, et comment est venu ton intérêt pour les dolls ?
Je suis juste une personne qui aime regarder de jolies choses, et il y a beaucoup de belles dolls dans la communauté. Je me suis intéressé.e au hobby grâce à un artiste sur DeviantArt, dont j’admirais beaucoup le travail et qui de temps en temps postait des photos de ses BJD. J’ai commencé par jeter un coup d’œil à la communauté dollienne sur DeviantArt, mais lorsque j’ai découvert le prix moyen d’une doll, j’ai eu un choc et j’ai pensé que je ne pourrais jamais me le permettre. Plus tard, j’ai eu besoin d’un modèle artistique que je pourrais dessiner et faire poser, et les BJD se sont rappelées à mon bon souvenir. Entre-temps, j’avais commencé à travailler, et je pouvais finalement me le permettre. J’ai commencé avec un Ringdoll et un 5th Motif pour essayer ; j’ai revendu le Ringdoll depuis, mais le 5th Motif est toujours l’un de mes favoris.
Qu’est-ce qui t’a motivé.e à te lancer dans la création de BJD ?
Clairement ; un masochisme complet. Durant la période d’attente entre la commande de ma première doll et la réception de celle-ci, je regardais des photos de BJD et dans un accès d’orgueil, je me suis dit que cela ne devait pas être SI dur que ça de créer la mienne. Évidemment, j’avais tort à 10000%, c’est une forme d’art très difficile. Mais j’apprécie énormément le fait de pouvoir manipuler mon propre art, et d’avoir un contrôle absolu sur les concepts que je crée, bien plus que si je me contentais d’acheter des poupées. Et puis, ça me permet de faire des trucs bizarres sans modifier mes poupées !
Peux-tu expliquer à nos lecteurs en quoi consiste ton processus de création 3D ?
Je commence avec une idée générale dans un coin de ma tête, puis je compile autant de références que possible sur le sujet. Je préfère les photos aux dessins ou toute autre forme d’art, car elles me permettent de comprendre et de visualiser les formes et les volumes que je modélise. J’essaie de sculpter une silhouette complète avant de me concentrer davantage sur le concept du buste, et je vais d’abord réaliser quelques impressions de ces bustes pour chaque poupée que je fais.
Je vais ensuite faire beaucoup d’ajustements à la sculpture faciale de la poupée, parce que mon programme de sculpture n’est pas vraiment précis à l’impression finale, ce qui fait que de nombreux modèles sortent un peu plus tassés que ce que je désirais.
Une fois que je suis satisfait.e du buste, je passe l’ensemble en revue et j’achève de détailler le reste de la silhouette, avant de travailler sur les articulations.
Les pieds et les mains sont parmi les dernières pièces à être complétées, parce que je sculpte généralement chaque poupée à partir de zéro sans réutiliser de vieux modèles, et ils sont juste ennuyeux à travailler !

Selon ton opinion, quels sont les points forts et les points faibles de la création de dolls en 3D ?
La symétrie est un problème évident ; surtout que la symétrie parfaite et absolue constitue une part importante de mon style, vu que j’aime donner des airs un peu inhumains à mes modèles. Mais avec la création 3D, il est plus facile de faire de grands changements sur son boulot,  et de créer très rapidement de nouvelles formes. De plus, le temps de travail est très intéressant ; théoriquement, je peux créer une nouvelle  tête toutes les quelques semaines, ou en un mois, en raison du délai d’exécution rapide.

À l’inverse, il est difficile de se faire une idée du fonctionnement des articulations à l’avance. Je n’ai jamais de certitudes sur la façon dont un joint va se comporter dans la réalité, et je dois faire plusieurs réimpressions pour le corriger. Et puis les modèles imprimés en 3D étant bien plus légers qu’une doll en résine, je ne suis donc pas sûr.e non plus du rendu final de la poupée en résine.
Il y a également plusieurs petites choses à comprendre au niveau des matériaux d’impressions 3D. Je travaille avec des filaments en acide polylactique (PLA) en raison d’une légère allergie à la résine. Les impressions PLA ont tendance à se cisailler dans le sens duquel l’objet a été imprimé, donc j’ai eu plus que quelques modifications de conception à faire pour compenser cela.
Problème similaire pour le sueding (NDLR : action de déposer de la colle chaude dans les articulations pour une meilleure tenue de la poupée) ; j’ai toujours besoin de sueder mes impressions 3D, parce que je n’ai jamais rencontré de type de filament qui ne soit pas glissant.

Pour résumer, je dirais :Points forts :

  • Résistance
  • Facilité de modification
  • Temps de création rapide
  • Très peu à réparer, reprendre avec la pâte epoxy, la dremel et les outils semblables.
  • Facilité à se lancer dans la création de dolls.

Points faibles :

  • Les rendus 3D ne sont pas toujours précis par rapport à la réalité
  • L’interface utilisateur du programme (j’utilise ZBrush) peut être légèrement intimidant
  • Aucun test physique avant l’impression finale ; le comportement des articulations n’est pas connu avant.
  • Problèmes de reliefs sur les pièces
  • Maintenance de la machine
  • Les impressions 3D ont toujours besoin de colle chaude pour tenir correctement, vu que la matière dont elles sont faites est très lisse.

Ton premier modèle officiellement lancé, Miss Orc, semble avoir été une aventure incroyable. Comment a-t-elle prit vie ?
J’ai eu une conversation avec un ami, à propos des Orcs et particulièrement du personnage de Miss Orc de l’artiste Bayard Wu, dont je suis dingue. Créer une poupée Orc me semblait cool, surtout qu’il y a très peu de corps féminins musclés dans le hobby. Je suis assez triste que beaucoup de structure musculaire ait dû être effacée au fur et à mesure pour accommoder les articulations de la doll, mais j’ai apprécié la mobilité sur la structure musculaire dans son cas. Il a fallu quelques mois de tests et quelques centaines de dollars pour finaliser son prototype. J’ai appris beaucoup de nouvelles techniques en travaillant sur elle (installation de barres métalliques, nouveaux mécanismes au niveau de la faceplate, etc.). Elle a été un très grand projet, dans tous les sens du terme, et j’ai énormément de reconnaissance envers tous les artistes maquilleurs et les couturières qui m’ont tendu la main le long du chemin.

Elle a même fini par être présentée comme une starlette hollywoodienne, ce qui est complètement différent de ce à quoi je m’attendais.

As-tu d’autres projets de créations 3D ?Je travaille actuellement sur une réinvention de ma première poupée : Moonchild.J’avais ressenti de la frustration avec mes premières tentatives de poupée complète (avant que je ne découvre que le filament PLA est glissant, et ne se comporte jamais de la même façon), alors j’ai décidé de faire la poupée la plus sauvage que je pourrais, et j’ai jeté l’anatomie par la fenêtre. Moonchild est sorti de l’impression follement irréaliste, et intensément courbé. Maintenant que j’ai une compréhension plus approfondie des articulations et de la sculpture 3D, je prends le temps de tout réparer sur l’original dont je n’étais pas satisfaite.

Quels conseils donnerais-tu aux gens qui veulent expérimenter la création 3D ?
Commencez par regarder des tutoriels en ligne, et essayez de débuter par de petits objets comme des bustes seuls plutôt qu’une poupée complète ambitieuse, ou une tête entièrement conçue. Il est beaucoup plus facile de suivre des tutoriels sur la façon de faire des bustes, afin d’avoir une bonne idée du logiciel, avant de faire des poupées réelles.
Même chose pour l’impression 3D. Une imprimante est un bon investissement et revient à terme beaucoup moins cher plutôt que d’acheter des impressions. Je recommanderais d’avoir une meilleure imprimante plutôt qu’une machine temporaire bon marché, qui apporte plus de problèmes qu’elle n’en vaut la peine.
Une première poupée n’est pas rapide à créer et ne vaudra peut-être même pas la peine d’être coulée en résine, mais la pratique est une chose précieuse et accélérera les choses sur les futures poupées.

***
Merci beaucoup de nous avoir accordé cette interview, Bonelace ! La création de dolls en 3D étant encore relativement récente, et la façon de procéder évoluant régulièrement, c’est un sujet intéressant qui se devait de figurer sur Dolls Review. Nous te souhaitons une très bonne continuation ^_~
Retrouvez Bonelace sur Instagram !
De votre côté, avez-vous envie de vous lancer dans la modélisation 3D ? Avez-vous déjà essayé ? Dites-nous tout dans l’espace commentaire !
Dolls Review.

GALERIE PHOTOS DE BONELACE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *