Asella Dolls, ou les prémices de l’art BJD à la française

Bonjour, chers passionné.e.s !

Aujourd’hui, nous revisitons les fondamentaux avec une créatrice BJD que l’on ne présente plus : Asella ! L’une des pionnières en matière de création de ball-jointed dolls, et également l’une des premières à faire rayonner le savoir-faire et l’esthétique de nos artistes français dans le milieu.

Asella, ce sont de nombreux modèles, délicats et féminins pour la plupart, oniriques et plein de personnalité, avec des courbes voluptueuses et des couleurs sucrées. Mais qui se cache derrière la Rhubarbe, la Raspberry, les Mister Pinou et surtout, les stands tout en couleurs pastels et délicates créations présents à tous les salons ? On lui a donné la parole.

Pour aller plus loin, vous pouvez la retrouver sur FlickR (l’ancien et le nouveau), Instagram, et son profil Facebook.

Quand as-tu vraiment commencé à créer tes propres poupées, et pourquoi ? 

Comme beaucoup de ceux qui se sont lancés dans l’aventure, j’ai commencé à faire des poupées par curiosité. Est-ce que je pouvais y arriver, est-ce que le résultat me plairait ? J’avais déjà essayé de faire des figurines avant, et je n’étais pas très douée… En fait, j’ai commencé ma première tête en 2006, alors que j’habitais encore chez mes parents ; une tête de cheval taille SD (60cm) que je n’ai jamais pu finir suite à un souci technique. La première vraie BJD à sortir de chez moi a été la Lysbeth, une petite création d’environ 30 cm aux courbes marquées. Je voulais faire quelque chose de mature à une époque où les dolls de petite taille étaient presque toutes très enfantines ! Elle n’a pas été un franc succès et je n’étais pas très fière de mon travail, mais j’apprenais car il faut bien commencer quelque part. Les choses ont changé avec Mr Pinou quelques années plus tard, et ensuite le modèle de la Rhubarbe.

D’après toi, qu’est-ce qui rend tes créations différentes ? Où se situe ta patte ? 

Je ne sais pas trop… Des lèvres pulpeuses et de jolies hanches, peut-être ? C’est un tout, comme pour les autres artistes, d’ailleurs. Chacun insuffle un peu de soi dans son travail, et arrive à donner un résultat qui lui est propre. À chaque doll que je crée, je ne me demande qu’une seule chose : “est-ce qu’elle fait rêver ?” Parce qu’au final, c’est ce qui me motive ! Faire rêver les gens et leur donner un peu de bonheur.

Comment crées-tu un nouveau concept ?

La création de mes nouveaux modèles se fait uniquement au feeling. À chaque fois que j’ai planifié quelque chose, le rendu n’était pas celui que j’attendais. En général, je me contente de partir sur une taille qui pourra être habillée sans trop de difficultés mais pour le reste, advienne que pourra ! J’ai des tonnes de prototypes qui ne sont pas finis parce que j’ai perdu la motivation, ou parce que je bloque sur quelque chose. Et parfois, sortie de nulle part, je vais avoir une folie créatrice et sortir un truc nouveau de mon chapeau !
Il m’est arrivé plusieurs fois d’aimer beaucoup un modèle lorsqu’il n’était encore qu’un prototype, puis de le détester une fois tiré en résine ; ou à l’inverse, de ne pas trop apprécier un prototype et d’adorer la version finale. J’ai aussi tendance a trouver mes dolls bien plus belles lorsqu’elles sont maquillées par d’autres personnes que moi. 

Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui veulent se lancer dans la création de leurs propres poupées ? 

De ne pas lâcher l’affaire. C’est difficile de réussir à créer une poupée entière, avec des joints qui soient efficaces et jolis.  Pour chaque petite victoire, il y aura peut-être de nombreux échecs, mais c’est comme ça que l’apprentissage se fait ! Il n’y a pas de méthode ou de matériel parfaits ; essayez, testez les différentes pâtes (voir la création 3D si c’est ce qui vous met le plus à l’aise), trouvez celle qui vous convient le mieux. Personnellement, j’ai essayé le Plastiroc puis la pâte polymère (marque Fimo, et autres), pour finalement m’arrêter sur la pâte Ladoll, c’est celle qui me convient le mieux. 

Et j’ai aussi envie de vous dire ; ne cherchez pas à aller trop vite. Avant de penser à potentiellement vendre des poupées, réfléchissez bien. Avez-vous vraiment tout peaufiné sur votre création ? Est-ce qu’elle peut poser sans trop de soucis, au moins un peu ? La création de poupée n’est pas forcément très abordable, car la perte d’argent et de temps peut être considérable. Mais si vous êtes sûrs de vous, alors foncez et voyez bien ce qui arrive !

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Je suis dans la BJD depuis un moment maintenant… quinze ans. C’est long, quinze ans ! Cela équivaut à de nombreuses années de hauts et de bas, avec des périodes de mou, des périodes de ras-le-bol… Mais c’est en grande majorité quinze années d’un hobby qui permet une créativité hors norme. Je ne regretterai jamais d’avoir mis le doigt dans le paquet de cacahuètes maudites, même si j’y ai maintenant le bras jusqu’au coude ! J’y ai rencontré des gens merveilleux, je m’y suis épanouie. Si je suis ce que je suis aujourd’hui, c’est grâce à tous ceux qui ont fait de la BJD ce qu’elle est aujourd’hui alors, merci à tous !

***

Merci beaucoup de nous avoir raconté un petit peu ton travail et toi, Asella ! Nous avons hâte de découvrir les prochaines créations que tu sortiras de ton chapeau.

Et vous, quels sont les créations d’Asella qui vous ont particulièrement plu ? Avez-vous déjà essayé de créer votre propre poupée, ou bien comptez-vous vous lancer dans l’aventure très prochainement ? À vos claviers !

Dolls Review.

Galerie photos d’Asella

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