Lillycat, sensibilité cartoonesque et farandole de beautés

Lillycat, sensibilité cartoonesque et farandole de beautés

Bonjour à tous chers lecteurs !

Nous inaugurons tardivement ce mois de février avec un article dédié à une artiste talentueuse, dont les poupées font littéralement tourner la tête de nombreux collectionneurs.

En effet, Lillycat a accepté de nous livrer à travers une interview son univers dollesque de créatrice de BJD.

Nous vous souhaitons une bonne lecture et un agréable moment sur le blog Dolls Review.

Tu suis actuellement une formation en Shiatsu. Cela marque t-il la fin de « Lillycat Cerisedolls » ? 
Lillycat : Je suis effectivement en cours de formation pour une possible reconversion professionnelle.
J’ai été très affectée par les soucis de recast, et j’avoue que j’ai un peu du mal à passer au dessus, au départ c’était limité à la Chine et malheureusement aujourd’hui, des recasts de mon travail sont proposés et fabriqués en Russie, il y a également une personne aux Etats-Unis qui organise des « preorders » de recast de mon travail.

Le plus dur c’est le sentiment d’impuissance face au vol de son travail, car même si je dépose mes modèles, que ma marque est également déposée, lancer une action juridique à l’étranger coûte bien trop cher pour un artiste indépendant. Et les recasteurs le savent parfaitement.

Le milieu a aussi énormément changé en 10 ans, et même si heureusement beaucoup de collectionneurs accordent encore de la valeur au travail des artistes, beaucoup n’y voit qu’un simple objet de consommation qu’on achète et revend aussi rapidement quand on s’en est lassé, et normalisent par leur mode de consommation la fabrication et la vente de contrefaçons.

J’avoue aujourd’hui être vraiment fatiguée et un peu désabusée, j’aime toujours autant sculpter et créer de nouveaux personnages, mais cette évolution du secteur et l’ampleur prise aujourd’hui par le recast dans notre communauté ne me donne effectivement pas envie de continuer. C’est ce qui m’a amené à commencer une nouvelle formation et je n’exclue donc pas un jour d’arrêter de fabriquer des poupées.

Nombreux sont ceux qui s’interrogent sur ce qui t’as amené à créer toi-même des BJD et en faire ta profession. Peux-tu nous en dire un peu plus à ce sujet ? Pourquoi avoir décidé de créer des dolls plutôt que de les collectionner ? Tu as un style bien à toi, est-ce alimenté par des sources d’inspiration particulières ? Si oui, lesquelles ?
Lillycat : Ma première rencontre avec les bjds a été avec le travail d’Hans Bellmer lorsque j’étais enfant. Son travail m’a énormément fasciné. Lorsque j’ai découvert il y a un peu plus de 10 ans maintenant que des artistes en Asie travaillaient dans cette direction et proposaient des poupées « accessibles » en prix, j’ai immédiatement commandé ma première bjd, il s’agissait d’une Noël de Serendipity ( modèle qui n’existe plus aujourd’hui ). Je voulais voir comment elles étaient fabriquées et en manipuler une. Quand je l’ai reçu ça a été une confirmation, il fallait que j’en fabrique une ! J’ai donc commencé comme ça, sur la table de ma cuisine. Ça a été très difficile parce qu’il n’y avait aucuns tutoriaux disponibles à l’époque, mais plus je ratais et plus j’avais envie de réussir à en fabriquer une vraie.

C’est donc venu comme ça. Je travaillais à l’époque comme dessinatrice de bande dessinée, finalement les poupées étaient dans la continuité et me permettaient de donner « vie » en volume aux personnages que je dessinais.

Les collectionneurs ont commencé à me suivre et c’est comme ça que l’aventure a commencé.

Beaucoup peinent à s’imaginer la quantité de travail autours de la création d’une doll. Peux-tu nous en dire un peu plus sur le processus de création d’une BJD de A à Z ?
Lillycat : C’est chez moi un processus un peu compliqué.
Il y a d’abord l’idée, quand j’ai commencé je faisais beaucoup de croquis préparatoires aujourd’hui j’y vais plus au feeling.

Mais il me faut une bonne année pour réaliser une poupée entre le début du travail et le prototype qui part au moulage.

Je pourrais aller bien plus vite, car je sculpte plutôt vite, mais je doute aussi beaucoup, et c’est surtout ces phases de doutes et remises en question sur la qualité de mon travail qui rendent la fabrication d’une poupée aussi longue.

J’ai toujours très peur de l’accueil qu’elles auront des collectionneurs. Je suis finalement assez peu sûre de moi.

As-tu des noms d’artistes de la communauté à nous citer, dont tu apprécies particulièrement leurs travaux ?
Lillycat : J’avoue être un peu déconnectée des nouveaux artistes, il y a tellement d’artistes indépendants aujourd’hui. Mais il y a bien sûr des artistes que j’affectionne.
Comme Marmite Sue qui fait un travail fantastique.

Fifth motif, beaucoup d’artistes Russes il y a une sensibilité particulière en Russie que j’aime beaucoup.

Pour l’anecdote, d’où vient ton pseudo « Lillycat » et le nom de ta marque « Cerisedolls » ? 
Lillycat : Lillycat est mon pseudo de dessinatrice, cat parce que j’adore les chats.
La première fois que j’ai utilisé ce pseudo c’était sur une plateforme de baby sitting lorsque j’étais étudiante, je cherchais un pseudo mignon et j’aimais bien Lilly qui forcément était déjà pris, et j’ai donc rajouté cat et celui là était dispo. Il me suit depuis maintenant plus de 17 ans.
Pour Cerisedolls, c’est en rapport à des souvenirs d’enfance et à la ferme de mes grands parents où on allait ceuillir des cerises. Des moments simples mais qui sont un peu ma madeleine de Proust.

Envisages-tu une nouvelle preorder de Poulpy ? Et si oui, penses-tu qu’un jour ce modèle sera disponible dans des skins tels que Antique Pink & Baby Blue ? Certains de nos lecteurs aimeraient te solliciter quant à la confection d’une sleeping face pour Poulpy, que souhaites-tu leur répondre ?
Lillycat : Je viens du coup de faire une preorder de Poulpy, j’en ferais sans doute une autre dans d’autres couleurs. Et j’aimerais pouvoir sculpter de nouvelles têtes un peu kawaii cartoon pour ce corps. Reste à trouver l’inspiration !

Penses-tu développer ta gamme de « Chibi » ? 
Lillycat : J’aimerais bien dans l’absolu oui, à voir comment les choses évolueront pour moi au niveau professionnel.

Comment choisis-tu le nom de tes moules ?
Lillycat : En fonction de l’inspiration du moment, j’avoue qu’il n’y a pas une méthode ou process pour choisir les noms, souvent il s’impose de lui même.

Tu as été concernée par le recast de près, puisque certains de tes modèles ont été reproduits. Comment l’as-tu vécu, quels ont été tes recours ? As-tu des conseils à donner aux jeunes créateurs pour les aider à se préserver ? 
Lillycat : Du coup j’ai répondu plus haut. Malheureusement il n’y a rien à faire pour s’en préserver, et aucuns recours…

***

Merci beaucoup Lillycat d’avoir répondu à nos questions.

Nous espérons que cet article vous aura plu, n’hésitez pas à nous faire part de vos questions et de vos impressions. Ça sera un plaisir pour nous de vous répondre. Dites-nous quels sont vos modèles favoris et quelles seraient vos envies pour les futures pre-orders et stocks sales !

Have fun,
Dolls Review

Galerie photos de Lillycat

1 Commentaire

  1. 26 février 2018 / 21 h 47 min

    OMG j’avais loupé cet article ! Je suis surtout triste pour Rachel et pour ses belles créations, copiées par les uns et les autres sans vergogne… je suis vraiment super triste d’apprendre qu’elle voudrait arrêter les dolls, stopper ce magnifique travail de création qui nous plait tant. Je voudrais aussi la rassurer, car je ne suis absolument pas dans l’optique de beaucoup, qui est d’avoir des coups de cœur et de se lasser super vite de leurs acquisitions. Le verbe adopter existe pour les dolls et pour moi il signifie vraiment quelque chose. Ma Constantine, ma première BJD, sur laquelle j’ai craqué et que j’aime toujours autant, elle ne me quittera jamais et j’ai fait promettre à ma fille de la garder toujours également. Merci pour ce bel article, même s’il est emprunt de tristesse et de découragement, on y sent aussi toute la force créatrice de Lillycat cerisedolls, une puissance incroyable qu’on aimerait invincible.

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