Confessions d’une repentie du recast

Confessions d’une repentie du recast

[ Nota : Un merci tout particulier à Asphodèle qui a accepté de voir son image utilisée en couverture d’article. ]

Bonjour à vous amis dolliens,

La fréquence de sortie des articles a nettement baissée dernièrement, et nous tenions à nous en excuser. Le rythme de vie de chacun ne nous permettant pas toujours d’être au taquet pour vous proposer un peu de lecture ponctuelle. Par ailleurs, comme il a été évoqué à plusieurs reprises, nous privilégions la qualité de nos écrits plutôt que la fréquence. On espère donc que vous êtes sur la même longueur d’ondes que nous sur ce coup là ! 🙂

Aujourd’hui, je vous retrouve pour un nouvel article qui se veut complémentaire à celui qui avait été publié en janvier : Le recast, informations & sensibilisation. Il a pour but, en plus de témoigner un soutien auprès des artistes BJD, de démontrer que le changement de position d’un collectionneur reste tout à fait envisageable.

En effet, vous n’êtes sans doute pas sans ignorer la récente vague de soulèvement des anti-recast suite à « l’affaire Luo ».

Si je devais inaugurer cet article avec une phrase bienveillante, elle serait la suivante :

“ Nous avons tous le droit à l’erreur, mais il est du devoir de chacun de revenir sur le droit chemin ”

Au cours de cet article vous trouverez le témoignage d’une collectionneuse anciennement portée sur le recast, qui a accepté de témoigner anonymement sur son expérience et son histoire, et ainsi démontrer qu’il n’est jamais impossible de revenir sur ses choix.

Nous vous souhaitons une agréable lecture, n’hésitez pas à faire circuler cet article pour aider nos artistes BJD, à nous communiquer vos avis et surtout, n’oubliez jamais de prôner la bienveillance autant que cela soit possible dans votre lutte contre le recast.

***

Je tenais à faire partager mon témoignage afin de prouver qu’il est possible de sortir du recast en balayant certaines fausses excuses que j’ai pu m’inventer. Ainsi qu’en montrant de manière douce à comment revenir sur le droit chemin.

1. Pourquoi dépenser si cher ?

Voilà ce que je me suis dit la toute première fois lorsque je suis tombée sur un lien Aliexpress. Pareil à une copie Vuitton ou d’une réplique Barbie, je n’ai pas tout de suite vu les répercussions. Evidemment on me répétait « ce n’est pas bien » mais on m’expliquait pas vraiment pourquoi à part que c’était illégal. Il y avait un manque d’informations évident et les arguments des pro-recast t’en mettent plein la vue : « ce n’est pas cher, t’as moins peur de les manipuler, c’est parfois mieux moulé… » Bref j’ai vite basculé du côté obscur.

2. Vivre dans le déni

Bien sûr que chaque détenteur/trice de recast sait que ce n’est pas bien. Oui, c’est illégal et alors ? Période rebelle ? Nan pour moi, j’étais plutôt dans ma bulle. Plus j’avais de dolls chez moi et plus je me sentais bien. J’arrivais à faire naître les personnages que j’avais en tête et je n’avais d’autre objectif que de me faire plaisir. Puis je me suis très longtemps cherchée en matière de style et de dolls. Cela m’arrangeait de ne pas attendre de preorder ou de ne pas payer les frais de douanes éventuels. En un mot, c’était « pratique » et je m’en foutais du reste !

3. Quand la bulle éclate

Et puis je suis allée dans plusieurs salons. Déjà à ce moment, on comprend que c’est difficile d’avoir une recast. Les pro-legit ont des propos très violents. J’ai entendu les mots « faudrait les tuer ». Du coup je sortais toujours mes Pullips et pour le reste de mes BJD je me faisais toute discrète.

Mais petit à petit j’ai appris à connaître le travail de plusieurs artistes. Il est vrai que de rencontrer des personnes en vrai et de manipuler leurs créations ça aide beaucoup ! Je me suis abonnée à leurs comptes divers et j’ai suivi leurs WIP. Après plusieurs mois de recherches et d’intérêt, je me suis rendue compte à quel point c’était long d’élaborer un prototype, de faire et refaire, de le mouler pour la première fois… et de mon côté de le voir qui tient enfin debout et de partager ma joie avec celle de l’artiste, ça n’a pas de prix !

J’ai commencé à regarder mes recast d’une autre façon. Malgré les personnages que je leur avais inventé, je les trouvais « pauvre en histoire ».

J’ai remis en question ma famille dollienne. J’ai revendu plusieurs dolls. J’ai aussi mis de l’argent de côté et j’ai vendu mes créations dans un seul but : avoir une legit !

4. L’obtention du Graal

Puis j’ai réalisé mon rêve. J’ai commandé ma première legit que j’ai été chercher lors d’un salon. Quel bonheur ! Suivre pas à pas depuis tant de temps sa réalisation puis la tenir entre mes mains. C’était juste merveilleux !

On peut demander à une makeupeuse talentueuse de s’en occuper. Il est possible de montrer sa doll comme un trésor sans honte. Oui la honte je l’ai eue et avoir une legit a été une libération !

5. Se sentir sale

Je n’attendais pas qu’on me pardonne ni qu’on me dise des mots gentils. A présent que je sais réellement ce que veut dire « recast » (contrefaçon). Je peux enfin prendre les bonnes décisions. La première étant de me débarrasser de mes recast qui moisissent aujourd’hui dans un carton.

Et de faire réagir à ma façon celles et ceux qui n’ont pas encore compris ce qui est mal et en trouvant des solutions.

6. Cerner les problèmes pour mieux agir

Je n’ai pas d’argent :

Réponse des pro-legit : « Bah tant pis t’auras pas de BJD ! »
Réponse des pro-recast : « Je préfère avoir une copie que jamais en avoir »

Ben non désolée, tout ça c’est archi faux ! Il y a des créateurs (beaucoup moins connus certes) qui font de très belle BJD et pour moins de 200€. Il suffirait de les répertorier.

J’ai peur de les manipuler : Il suffit d’être un minimum curieux voir sociable pour savoir comment s’occuper d’une BJD. Les réseaux sociaux sont faits pour communiquer ! J’ai ainsi appris à transporter mes BJD et à les entretenir en posant souvent des questions polies à de parfaits inconnus. Et puis voilà ! Cela permet aussi de se faire de nouveaux contacts.

J’ai peur de ne pas aimer : C’est un des risques mais revendre juste après un achat n’est pas désastreux. On ne perd pas forcément d’argent. Et dans la majorité des cas on aime, heureusement.

Il y a plein d’autres excuses qu’on peut trouver et autant de solutions pour ne plus acheter du recast. Voilà, je ne pense pas aller plus loin dans ce pavé. Je dirai juste que je ne prendrai pas le parti des pro-legit que je trouve toujours aussi violents même si je les comprends et respecte leurs propos. Ils aident les artistes à sauver leurs « bébés » et c’est normal. Mais d’un autre côté, je ne suis pas non plus du côté des pro-recast car pour moi c’est vivre dans un monde sans lendemain. C’est pareil que de dire « je m’en fous de mes poumons alors je continue de fumer » C’est aussi vivre avec des œillères et ne penser qu’à sa petite personne.

Car c’est la réalité. Acheter du recast fait du mal aux artistes. Moralement et matériellement. Je mets en avant la tolérance et l’amitié. Chaque copain / copine que nous sortirons du recast sera une victoire ! Merci donc à tous ceux qui m’ont expliqué calmement. Car aujourd’hui je me sens bien dans ma passion ! Merci de m’avoir laissé m’exprimer. J’espère que certains se reconnaîtront et prendront la bonne décision.

***

Vivement merci à toi, d’avoir accepté de témoigner et nous confier l’expérience que tu as eue, ainsi que les conclusions que tu as tirées.

Pour appuyer cet article qui, à nos yeux, s’avère être d’une grande importance, nous avons fait appel à quelques collectionneurs bénévoles pour vous proposer des bannières à l’effigie du soutien porté à nos artistes.

Ces bannières peuvent être utilisées sur les forums, sur les réseaux sociaux et tout autre canal de communication sur le web afin de témoigner votre soutien aux artistes BJD. Cependant, nous vous invitons à ne pas faire imprimer ces bannières sans l’accord préalable de leurs propriétaires respectifs, tout comme leurs copyrights ne doivent pas être enlevés.

Nous remercions vivement ces quelques personnes qui ont acceptés de participer en proposant ces bannières. Faites-en bon usage !

Vous souhaitez apporter votre contribution en soumettant une bannière ? Contactez-nous à contact[AT]dollsreview.fr !

Lutte contre la contrefaçon de dolls BJD

Soutien aux artistes BJD

Have fun,
Dolls Review

5 Commentaires

  1. Marie
    14 mai 2018 / 15 h 03 min

    Merci pour cet article qui nous fait voir encore mieux la vision d’une personne partie des BJD recast … Ce fléau …

  2. 14 mai 2018 / 15 h 28 min

    Comment est ce qu’on peut en arriver à des propos comme « Faudrait les tuer »?!
    Merci pour cet article pour le témoignage courageux. Merci d’avoir souligné l’importance d’être bienveillant dans nos propos envers les Pro-recast pour les aider à comprendre et ne pas les faire fuir au contraire

    « Sharing is Caring » Je partage pour lui donner le plus de visibilité possible! 😀 <3

  3. Darek
    14 mai 2018 / 16 h 20 min

    Super article !

  4. ellen lankford
    14 mai 2018 / 20 h 54 min

    how do I translate this using google?

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